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Les 10 commandements pour ne pas perdre la Face sur Facebook

[Article paru le 22/03/12, sur Les Inrocks : http://blogs.lesinrocks.com/cestvousquiledites/2012/03/22/les-10-commandements-pour-ne-pas-perdre-la-face-sur-facebook/]

1- Ta photo de profil consciencieusement tu choisiras… La photo de profil, c’est un peu notre façade sociale, notre vitrine relationnelle, notre seconde peau. Et puisqu’on n’en changera pas tous les quatre matins (sous peine de passer pour un instable), on prend le temps de choisir l’Image qui nous représentera aux yeux de nos compatriotes durant nos (longues) tranches de vie virtuelle. Il faut à tout prix éviter de tomber bêtement dans le « cliché » (lol, ptdr, XD, ^^, ;-) ), #même#pas#fait#exprès# !). On bannit donc d’office, les photos de couples égocentrés « mimi-transis », les avatars débilisants d’ados attardés, les photos trop « vendeuses » (ou trop sexe), car on est là pour avoir du contact social certes, mais du contact platonique (on n’est pas sur Meetic…). Exit également, les sempiternelles photos de soi version « sépia.enfant.avec.la.raie.sur.le.côté ». Un seul mot d’ordre : assumer son image réelle. Alors on ose, et on télécharge fièrement une VRAIE tof. De sa VRAIE pomme. A la VRAIE époque (c’est à dire aujourd’hui. Parfaitement. On se comprend bien. Avec les quelques kilos, rides, et cheveux grisonnants en plus. Voui…).

2- Ta description de profil tu soigneras… Ok, ok… Facebook, c’est un peu une « autre vie », celle où l’on peut être cette personne formidable qu’on a toujours rêvé d’être. C’est tellement tentant d’en rajouter… un peu, et de se la raconter… beaucoup. Mais on ne sombrera ni dans l’hyper-narcissisme avec une bibliographie- »fleuve », ni dans l’écueil classique et navrant, de l’énumération de citations et proverbes Evène, qui ne disent rien de nous, sinon que nous n’avons rien à dire sur nous-mêmes (soit parce que notre modestie nous en empêche, soit parce que notre parcours de vie, avant notre inscription sur Facebook, a réellement été une longue traversée du désert…). De toute façon, ceux qui vous connaissent déjà dans la vraie vie décèleront immédiatement votre penchant mytho, et pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, mieux vaut garder un peu de mystère pour leur donner envie de vous découvrir virtuellement…

3- Ta vie privée tu protégeras… Là, il s’agit surtout de préserver sa « e-reputation ». Notre « réseau » social est par nature écclectique : il cristallise donc toutes nos sphères relationnelles : familiale, amicale, professionnelle, etc… D’où l’importance de moduler la « visibilité » de nos données, par chacune de ces sphères. Cette modulation est purement technique et se fait assez simplement, grâce au réglage de ses paramètres de confidentialité. Une fois ces derniers ajustés, et son mur « blindé », on peut se laisser aller à « réseauter » l’esprit tranquille.

4- Avec modération tu ajouteras… Il est humain de vouloir apparaître comme quelqu’un de sociable et de chercher à accroître le nombre de ses contacts. Mais il peut toutefois s’avérer dangereux d’envoyer des demandes d’amitié à tout va. Car dans la masse d’amis ajoutés, beaucoup se révéleront avec le temps, gênants et/ou indésirables et seront, au mieux à « reparamétrer », au pire à « bloquer », voire dans certains cas extrêmes à supprimer… S’il est vrai qu’être ami avec une marque de Corn-flakes, un club de sport ou une discothèque, contribue indéniablement à augmenter notre liste d’amis, cela n’en discrédite pas moins sa « qualité », et contribue, du même coup, à ternir notre e-reputation (et oui… le principe des vases communicants s’applique aussi à l’ajout irraisonné sur Facebook !).

5- Avant d’accepter en ami tu réfléchiras… Gare aux boulettes, mais aussi et surtout aux boulets (acceptations qu’on regrette), et qu’on aura à trainer pendant longtemps ; on pense bien sûr, sans le citer, à l’ex (ben si finalement on le cite). Mais aussi et surtout à … Maman. Oui on aime Maman et Maman nous aime, mais non, ce n’est pas parce que Maman nous a donné la vie qu’on est obligé d’accepter Maman en amie-facebook. Pourquoi ? Parce que c’est évident, Maman likera et commentera avec l’acharnement affectif maternel qu’on lui connait, chacun de nos statuts. Elle oubliera que nous avons chèrement gagné nos galons d’individu émancipé à l’adolescence, et que nous avons construit notre propre vie et réseau social depuis que nous ne vivons plus sous son toit. Mais comme on ne voudra pas froisser Maman, on ne lui dira rien, on préfèrera la « bloquer » lâchement (et au final, on la froissera quand-même). Telle est la dure loi du réseau…

6- Les statuts « relous » tu éviteras… Les statuts-relous sont hélas légions et viennent régulièrement pourrir notre actu. Il ne sera donc pas possible d’en dresser une liste exhaustive. On se contentera de déconseiller fortement tout « post » avec le préfixe « en mode ». Exemples : « en mode vacances », « en mode fiesta », « shopping », etc… Déconseillés également, tous les statuts à caractère mégalo-métaphysiques : les « happy », »HS », « journée de merde », etc… A bannir aussi de notre mur, les proverbes dogmatiques, et autres citations lénifiantes, pompées le matin même sur Evène (style : « Carpe diem », ou encore :  » Chaque chose a une fin, sauf la banane qui en a deux », etc…). Proscrits également (si si c’est mieux) les statuts « politisés » qui versent dans le prosélytisme sous-jacent et nauséabond ( si on veut se lancer dans la politique en réseau, l’idée sera plutôt d’ouvrir une page dédiée). Et si, malgré avoir respecté tous ces principes de base, vos contacts tardent à liker votre statut, restez optimiste : dites-vous que la nature a horreur du vide et que forcément, un jour, un like timide finira par pointer son nez, vous sauvant ainsi de l’indifférence générale.

7- De tes albums photos , ton prochain tu n’innonderas point… Qu’il s’agisse de photos de famille, de vacances, ou de soirées… çà parait être la base, et pourtant … Bien qu’on soit tous d’accord pour dire que celles de nos amis nous gavent ad-nauseum, cela ne nous empêche pas de télécharger les notres quand-même, et pire, de crier à l’incompréhension et à l’injustice quand personne ne les commentent (à part Maman et Valérie, notre vieille copine de trente ans).

8- Sans excès tu likeras ton prochain… Liker peu, mais liker bien. Eviter de s’autoliker c’est entendu… Oui ça parait évident, et pourtant certains le font quand-même (soit par erreur de manip’, soit par poussée d’autokiffage non contenue). C’est vrai que certains jours, on a envie de « relancer » sa vie sociale, de faire plaisir à ses amis (qui on l’espère, nous rendront la pareille), et on se retrouve à liker en série, avec toute l’énergie du désespoir. Mais quand on en est rendu à occuper, à soi tout seul, vingt lignes de la nouvelle « timeline », à ce stade il faut se dire qu’ il est grand temps de fermer la fenêtre de son netbook, d’ouvrir celle de son appartement, et d’aller s’aérer un peu la matière grise. Bref, que c’est peut-être le bon moment pour « réactiver » ses « vrais » liens sociaux et aller boire un « vrai » verre avec eux…

9- Avec parcimonie tu partageras… Certes Facebook est un réseau social communautaire (Entendre : de partage et d’échange). Pour autant, on se limite à partager seulement un ou deux clips « You-tube » par semaine. Idem pour les images humoristiques. Sinon, on sature le champ de vision de nos interlocuteurs, et à force, ils ne nous voient plus du tout. Chacun comprendra que la règle d’or du partage est anti-sarkosiste : partager moins pour partager plus.

10- Accroc au réseau tu ne deviendras point… Rappelons que Facebook est un outil de communication sensé nous faire gagner du temps et non nous en faire perdre. Paradoxalement, rien de pire pour sa e-reputation que de montrer que l’on passe beaucoup (trop) de temps sur la toile, et de laisser croire que- de vie sociale ?- bah justement on n’en a pas. D’où notre conseil : si le mal est déjà fait et qu’on est vraiment accroc, on pensera à sauver les meubles, en se mettant de temps en temps  » hors-ligne ».

Si l’on ne prend pas garde à ces dix règles de base, on peut facilement tomber dans les pièges de l’addiction et du narcissisme, et courir tout droit vers l’indigestion. Parfois le « burn-out » peut être ressenti si fort par certains utilisateurs, qu’il peut pousser certains à supprimer leur compte, autrement dit à les conduire au « suicide virtuel ». Mais, ce qui est bien avec les « suicidés-virtuels-momentanés », c’est que contrairement à ce qui se passe dans la vraie vie, ils finissent toujours par revenir. Car comme chacun sait, il est plus facile de réactiver son compte Facebook que de le supprimer définitivement. Et très vite on pourra lire sur les murs, non plus : « facebook m »a tuer », mais : « facebook m’ a ressusciter » …!

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