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L’aventure extra-con.

On ne te le fait pas, à toi, le coup de l’aventure extra-conjugale. Non.

Comme tout le monde, tu as appris à te méfier de cette foutue maladie, qui terrasse sans prévenir et dévaste tout sur son passage. De ce mal honteux et silencieux, qui dévore en cachette la raison et les entrailles.

Tu te demandes même comment tant de cons consentants ferment les yeux, bravent le danger et finissent par sauter dedans à pieds joints.

Parce que tu en es absolument certaine : Toi , tu ne l’attraperas jamais, non. Pas toi.

Il y a 3 ans c’est ta meilleure amie Valérie, que cette pourriture d’AEC a choisi de faucher en plein vol. Il faut dire que la bécasse n’était pas vaccinée contre l’aventure extra-con. Et n’ayant jamais côtoyé le mal de près, la naïve n’avait  développé aucune immunité « naturelle ».

Val était ce que l’on appelle une rescapée, une miraculée de l’aventure extra-con. Tu avais suivi avec bienveillance son histoire, accompagné gentiment sa déroute. Sa double-vie d’abord, ton amie transcendée. Puis sa chute… Puis, plus de vie du tout.

En deux dîners, trois parties de jambes en l’air, tu as vu la plus rigolote de tes copines devenir un zombie, une morte-vivante que seuls l’amour de ses enfants et votre amitié étaient parvenus, péniblement, à faire renaître.

Tout cela avait pris de longs mois avant que – 8 kg en moins mais 10 ans de plus au coin des yeux – ton amie, guérie, ne sorte enfin la tête de l’eau.

Alors toi, t’as tout fait pour te protéger. T’as mis des col-roulés, des oeillères à tes yeux et un verrou sur ta conscience.

Mais cela n’a pas suffi ; Cela ne suffit jamais.

Toi non plus, ton verrou n’a pas tenu.

Toi aussi, t’as trop voulu te voir belle dans son regard à lui,  lorsqu’un autre sur toi ne se posait plus. Ou « pas pareil ».

Alors, t’as pas réfléchi : T’as mis du rouge sur ta bouche, du pourpre dans tes nuits et fait la nique à tes premiers cheveux gris .

Tu n’as plus voulu voir qu’en rose, pour oublier tes bleus.

C’est pas vraiment ta faute, t’as cru que t’allais pouvoir échanger tes points d’interrogations contre des points d’exclamation.

Mais les points d’exclamation s’usent aussi et deviennent vite point final. Et bien pâle, te paraît soudain le marchand de couleurs,  qui n’a rien d’autre à offrir que le noir crasseux et le gris sordide de son propre ennui.

Tu ne rêvais que de ta tête posée au creux de son épaule, lui, de sa paume sur tes fesses. Il t’a fait miroiter les étoiles mais ne t’a offert que la lune.

T’as bien insisté un peu, oui. Cherché à lui négocier un petit bout de soleil. Outré, il t’a renvoyé la nuit.

Mais toi, TOI, tu ne peux pas dire que tu ne savais pas. Tu étais prévenue : Valérie, l’aventure extra-con, tout ça.

Tu le savais, toi, que l’aventure extra-con se conjugue mieux au passé.

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