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Hangover (over and over again…).

Elle ouvre les yeux doucement. Ses paupières engourdies la renvoient douloureusement à la soirée d’hier. Cotonneuse, inodore, insipide. A l’instar de ces verres de mauvais mousseux qu’elle y avait engloutis, sans conviction, les uns après les autres, comme on avale des couleuvres. L’ennui profond et le mal-être que ces derniers étaient pourtant sensés adoucir, sinon noyer.

Elle grimace et songe alors, en massant ses tempes avec de petits mouvements circulaires, que son attitude est puérile. Elle qui, d’ordinaire, ne se complait guère dans l’esquive, sait combien user de ce stratagème facile peut s’avérer inopérant. Destructeur, même.

Elle mesure – ce matin un peu plus encore – à quel point ce maudit sentiment, poisseux et tenace comme la crasse, l’avait insidieusement imprégnée jusqu’aux os, la drapant d’un linceul de noirceur qui la tenait glacée chaque nuit et l’enserrait plus fort chaque matin.

Dans l’épais brouillard de son cerveau, elle distingue à présent le son, devenu familier, du cachet d’aspirine heurtant le fond de son verre vide. Un sourire cynique se dessine sur ses lèvres desséchées.

Le désarroi est un boomerang infaillible, se dit t’elle, qu’aucun élixir enjôleur ne peut leurrer ni détourner de sa cible. Non content de revenir inexorablement à la face de celui qui cherche à l’éloigner, il rapplique, rageusement, avec une puissance démultipliée.

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« Prix littéraire e-crire au féminin 2014 »- Le déni.

Pour changer un peu de registre – une fois n’est pas coutume – voici une courte nouvelle écrite dans le cadre du concours d’écriture organisé par le site Au Féminin.

 

                                                      Le déni

 

http://www.aufeminin.com/ecrire-aufeminin/le-deni-s958714.html

 

Si le texte vous plaît, n’hésitez pas à voter depuis votre compte facebook, en mettant un petit « like » sur le lien.

Merci les amis !

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Opinions, analyses

Culture du viol dans les médias : Quand le Point conseille aux femmes d' »accepter la brutalité de leur amant».

Le « Rape culture » (« culture du viol »), terme utilisé pour la première fois par les féministes dans les années 1970, semble décidément plus que jamais au goût du jour, tant le concept apparaît omniprésent dans nos médias.

Si par « culture du viol », on entend tout un appareil de pensée, de représentation, de pratiques et de discours qui excusent, banalisent, érotisent voire encouragent la violence sexuelle, alors c’est bien le magazine Le Point qui, sur son site, nous offre cette semaine, le plus beau cas d’école.

Traitement médiatique inapproprié de la violence sexuelle

Dans cette chronique pourrie et teintée d’humour graveleux, intitulée « Les conseils avisés de nos amies les bêtes de sexe(1) : pratiquer avec modération l’amour sado-maso », deux journalistes du Point (Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos) s’improvisent, pour l’occasion, experts en relations conjugales et se croient obligés de distiller leurs « bons » conseils, afin de booster notre libido.

Le tout, bien-sûr, vidéo à l’appui :

Cette vidéo, donc, montre un accouplement de tortues Hermann (Testudo Hermanni), au cours duquel le mâle s’efforce maladroitement de monter sur la femelle, après l’avoir au préalable immobilisée, au moyen de légers mordillements et autres petits coups sur sa carapace.

Accumulation de préjugés sexistes

Il n’en fallait pas plus à ces 2 journalistes, pour nous proposer sur un ton rigolard, une grotesque mise en abyme du comportement sexuel humain, à travers celui de l’espèce animale. Et de nous expliquer, via une consternante énumération de clichés et préjugés sexistes relatifs à la culture du viol, comment la tortue Hermann prend son pied en morflant.

Chacun l’aura compris, le débat ne se situe pas dans l’opportunité même d’un tel parallélisme, mais bien dans la façon dont celui ci est traité, en opérant insidieusement un report de la culpabilité du viol sur la victime.

L’article s’appuie, en effet, sur 6 points clés de la culture du viol :

* La banalisation

« La tortue de Hermann mâle cogne sa partenaire. C’est du reste, un comportement fréquent dans le monde animal. »

Et voici comment, en guise d’entrée en matière, les journalistes nous présentent donc la violence sexuelle comme une norme.

* La justification

« La violence conjugale est une façon commode pour le mâle de montrer sa virilité aux femelles de rencontre »

« Que demande une femelle, au fond ? Que le père de ses enfants soit un gagnant, un mec à la redresse suffisamment fort pour survivre et donc susceptible de leur transmettre les meilleurs gènes. »

«  Chez beaucoup d’espèces, le mâle apporte la preuve de sa combativité en affrontant d’autres mâles. Chez la tortue d’Hermann, les populations sont trop faibles pour que plusieurs concurrents se retrouvent autour d’une femelle. Du coup, la seule façon de prouver sa force (…) c’est de battre sa partenaire. »

En clair, le mâle cogne, mais il a une bonne excuse qui tient en ce que la Nature l’oblige à affirmer sa virilité. Autrement dit, l’agresseur, soumis à des « pulsions naturelles », à des « instincts incontrôlables », n’est pas en mesure de prendre en compte le refus de sa victime. C’est donc à cette dernière de prendre en charge la faiblesse de l’agresseur, en adoptant une tenue et un comportement adéquat ( =non provocant).

* La mise en doute du refus de la victime

« Est-ce un viol ? […] la femelle pourrait tout simplement l’éviter en avançant »

« Et soyez sûr que si la femelle n’aimait pas être cognée, elle saurait s’enfermer dans son coffre-fort de carapace. »

Qui ne se défend pas, consent. Mieux, tant que la victime n’a pas un pistolet sur la tempe, elle peut se débattre, sinon c’est, qu’au fond, elle le voulait bien. On retrouve dans ces propos, cette notion de « viol gris », décrite par le magazine Cosmopolitan comme une relation sexuelle qui se situerait « quelque part entre le consentement et le refus », et où « les deux personnes ne sont pas sures de qui voulait quoi »

* L’érotisation de la violence sexuelle

« Chéri, chéri, fais-moi mal! »

« Plus il la brutalise, plus elle aime »

« Elle en redemande, la vicieuse »

Ici, les journalistes jouent sans complexe avec le concept du « No means yes », (un non qui signifie oui) que l’on retrouve également dans le langage BDSM, ou encore dans le fameux mythe du fantasme féminin du viol, (par lequel le fait d’être violentée ou forcée ou violentée constituerait un facteur d’excitation chez la femme).

* Le transfert de la responsabilité du viol

Ce transfert a lieu lorsque l’on insinue, en multipliant les reproches faits à la victime, que celle-ci l’ « avait bien cherché » (« Que faisait-elle toute seule, à telle heure, à tel endroit? « Elle avait trop bu », « portait une tenue aguichante ») ; ou encore lorsque les médias se focalisent sur la personnalité de la victime (« Elle était réputée avoir des mœurs légères » (cf la récente affaire du viol aux 36, Quai des Orfèvres à Paris)

Dans l’article du Point, notre pauvre tortue, quant à elle, « multiplie durant toute la saison les rapports sado-maso » et « en redemande, la vicieuse ».

Parfois, ces critiques – proférées non pas à l’encontre du violeur, mais à celle de la victime – tournent même au « slut shaming »(« humilation de salopes »), ce phénomène odieux qui consiste à blâmer publiquement (via les réseaux sociaux, par exemple) une femme pour ses rapports sexuels, même non consentis. Comme cela est arrivé à cette jeune femme, qui, après avoir été violée, a été ridiculisée sur internet.

Le viol n’est alors plus abordé comme une violence à l’égard des femmes, mais comme une atteinte aux bonnes moeurs et à l’honneur de l’homme.

* l’incitation, encouragement au viol

Inciter au viol, c’est par exemple, conseiller à un homme d’« insister un peu » si sa partenaire ne veut pas, comme l’avait fait allégrement ce pédiatre, lors d’un entretien dans Elle. C’est aussi lorsque la violence sexuelle est directement prescrite, même sur le ton de la blague, à l’instar de cet article du Point qui s’emploie à promouvoir des pratiques sexuelles brutales envers les femmes, sans se soucier d’une éventuelle absence de consentement.

Si ce genre d’écart journalistique est évidement indigne d’un journal comme Le point, il n’en demeure pas moins, hélas, récurrent. Dans la même veine sexiste, on se souvient entre autre de ce tweet nauséabond, à l’occasion de la mort de l’actrice Jayne Mansfield :

Accompagné de cette prose ignoble, de même acabit, et signée de ce même tandem Lewino/Dos Santos, épinglée dans le site Tout à l’ego :

« La voiture de Jayne Mansfield, 163 de QI et 115 de tour de poitrine – et pas l’inverse, malheureusement -, s’encastre dans un camion »

« L’autopsie précise que la mort est due à « l’écrasement du crâne avec extirpation du cerveau ». Au moins cette blonde en avait-elle un ! »

« Pour compléter ses talents, elle est également exhibitionniste et nymphomane. 

Bref, la femme parfaite. »

Et combien d’autres inélégances de la part de journalistes masculins du Point, à l’égard de leurs consoeurs (L’une d’entre-elles dénoncée ici, sur le site ArrêtsurImages,net )

 

Peut-on vraiment rire de tout ?

Comme le souligne Lindy West de Jezebel, les blagues sur la violence sexuelle restent généralement assez malsaines, dans la mesure où elles « ont pour effet d’affirmer le pouvoir de l’homme sur la femme (,,,) et ne font que perpétuer une dynamique qui rend l’agression sexuelle normale et acceptable ».

Car, en réalité, ces blagues sont rarement anodines et n’ont pas le caractère spontané et franchouillard qu’on voudrait bien leur prêter. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai voulu linker cet article du Point dans ce billet ! Le titre attaché au lien n’est pas celui de l’article mais :

http://mobile.lepoint.fr/sciences-nature/les-conseils-avises-de-nos-amis-les-betes-de-sexe-1-accepter-une-petite-dose-de-brutalite-de-la-part-de-son-amant-21-07-2014-1847708_1924.php

 Tout est dit…

Y aurait-il lieu de penser que le titre initial de l’article – et l’on comprend fort bien pourquoi – aurait été légèrement retoqué après « modération » de la rédaction ?

Vraiment, on ne saurait que trop conseiller à certains journalistes du Point, de cesser de vouloir faire du clic à tout prix, en prodiguant leurs conseils sexistes en matière de libido et de retourner, bien vite, à des sujets qu’ils maîtrisent mieux. 

Manifestement, il reste du boulot pour combattre et déconstruire tous les stéréotypes sexistes qui alimentent la culture du viol. Mais malheureusement, force est de constater que les médias représentent, aujourd’hui encore, un vecteur privilégié de la transmission de cette culture.

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« Gaspard », nouvel accessoire connecté anti-viol : le drame de l’indifférence.

En France, certaines études avancent qu’il n’y aurait pas moins d’une victime de viol, toutes les 8 minutes. Pas étonnant, dans ces conditions, que certains concepteurs voient en ce fléau un marché potentiel.

Dans mes mails hier, celui de Mr Desachy Nicolas, à l’origine de la création d’une nouvel objet connecté anti-agression, répondant au doux nom de « Gaspard ».

 

Il s’agit, donc, d’un petit gadget pouvant se fixer discrètement sur vos vêtements, votre sac à main, vos bijoux, ou même dans vos cheveux, de façon à être facilement accessible en cas d’agression. Connecté à votre téléphone, par simple pression, il permet de vous géolocaliser et de déclencher immédiatement l’alerte auprès de vos proches, de passants se trouvant autour, de la police ou de toute autre personne ayant téléchargé l’application. Ces derniers reçoivent également, en temps réel, un itinéraire pour venir vous secourir rapidement.

M’invitant tout d’abord à visionner la vidéo de présentation pour mieux en comprendre le fonctionnement, ce dernier m’exhorte ensuite à lui faire un « retour » objectif. Ce que je m’empresse de faire, par retour de mail et ici.

Rappelons d’abord, en postulat de départ, que même si ce sont avant tout les mentalités qu’il faut changer par un travail d’éducation, toute initiative susceptible de permettre d’éviter ne serait-ce qu’un viol, est, par essence, à saluer.

Ce qui, néanmoins, n’interdit pas d’émettre quelques réserves quant à la réelle efficacité de ce nouveau concept. Car derrière la vision idyllique proposée par la vidéo de démonstration, semble cependant subsister des problèmes techniques de taille.

Chacun sait qu’en France, toutes les zones géographiques ne sont pas égales du point de vue de la couverture du réseau de téléphonie mobile. Quid de l’intérêt d’une telle application en zone reculée Ardéchoise, par exemple ? Ou en cas de pannes de réseau (et Dieu sait si cette éventualité est fréquente chez certains opérateurs) ?

S’il faut reconnaître que cet objet est beaucoup plus confortable et discret à porter que d’autres accessoires anti-viols imaginés jusqu’ici (culottes, jean, soutiens-gorge, collants anti-viol, etc…), c’est aussi et surtout parce qu’il n’est pas destiné à éviter techniquement le viol, mais simplement à signaler que celui-ci est en train de se produire. Une nuance d’autant plus importante que le temps écoulé avant qu’une personne prévenue ne se porte au secours de la victime, peut parfois être très long (la majorité des femmes violées le sont en quelques minutes, voire quelques secondes).

Comment ne pas imaginer, également, puisqu’« qu’une simple pression suffit à déclencher » le processus d’alerte, les conséquences (non prévues) d’une possible fausse manip’. Il pourrait ainsi être particulièrement cocasse de voire débarquer Papa, un inconnu ou pire, Jules, alors que vous vous adonniez, à l’abri des regards, à des ébats (bien consentis) dans les bras de votre amant d’un soir…

Loin de remettre en question les intentions sincères des inventeurs de cet outil, je ne suis pour autant pas totalement convaincue lorsque ces derniers estiment que leur communication « joue sur un accessoire de mode, mais ne surfe pas sur le commerce de la peur ».

Parce qu’absolument tout dans leur vidéo évoque, au contraire, la peur : petits bonhommes effrayants représentant les agresseurs, femme prise au piège dans une cage transparente, représentation concrète d’armes de défense (pistolets, couteaux, etc…).

Mais, après tout, pourquoi éprouver une telle nécessité de s’en défendre ? Pourquoi, diable, une invention destinée à rassurer les femmes naîtrait forcément de mauvaises intentions, et devrait obligatoirement se priver d’avoir des ambitions commerciales ?

En réalité, cette invention « connectée » (qui s’appuie, donc, sur le concept de « réseaux sociaux »), surfe plus sur le marché de la solitude, de l’indifférence générale et de l’égocentrisme, généré par notre triste société. En concluant sa démonstration par un « You’ll never be alone again » (« tu ne seras plus jamais seule »), les concepteurs semblent exploiter les mêmes faux-semblants et miroirs aux alouettes que les Facebook, Twitter and Co, donnant à leurs usagers l’illusion d’être « entourés », d’appartenir à une grande communauté.

Mais en vérité, combien, parmi leurs contacts virtuels (et même réels) accourront vraiment, en cas de danger?

Il est permis de douter, lorsqu’on voit qu’aujourd’hui, on peut se faire agresser en plein métro à Lille, sous le regard indifférent, imperturbable de ses semblables.

Plus encore, je trouve aussi particulièrement malsaine, l’idée de relayer, quasi en direct, les pseudo-sauvetages sur les réseaux sociaux. Mettre ainsi à l’honneur les « héros » du jour à grands coups de « like » (le site pousse même la mise en scène jusqu’à leur offrir des mugs, t-shirts et autres trophées à son effigie) revient, au final, à rendre « exceptionnel » un geste qui, au fond, devrait être banal.

Un simple acte de civisme. Un réflexe de savoir-vivre.

 

[ Retrouvez également ce billet sur Cheek Magazine ]

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Brevet des Collèges : Une formalité?

Ce matin – fait rarissime – j’étais réveillée bien avant la sonnerie de mon réveil.
Je l’avais pourtant programmé plus tôt que d’habitude. Courroie qui lâche inopinément, chute de météorites qui barrent la route, pluie diluvienne sur le pare-brise, empêchant de rouler à plus de 2km/ heure, opération « escargot » surprise… On n’est jamais trop prudent.

Je me lève  et ressens comme une légère oppression, à la limite de la nausée. J’ai une sorte de boule au ventre et un nœud dans la gorge… À moins que ce ne soit l’inverse. [ « Peut-être une angine ? Tap tap ta la la la… »]

Et puis soudain, me revient la raison de mon mini-émoi : Ce matin il y a « BEPC ».

Des semaines que mon ado de fils révise d’arrache-pied (Okay… 3 jours, en fait).

Des semaines qu’il se concentre sur l’ordi, faisant chauffer le disque dur plusieurs heures d’affilée, l’air concentré, casque aux oreilles.
« Legend of legend », « Battle Field », « Call of Duty »… Comprenez, en section européenne, tous ses cours doivent être traduits en anglais.

Des semaines qu’il se stresse démesurément, parce qu’avec le nouveau système de points acquis tout au long de l’année, on a beau retourner le calcul dans tous les sens – et à moins d’une crise de tétanie qui l’empêcherait de tenir son stylo – il est sûr de l’avoir.

Je me lève presto, toute pleine de mon rôle crucial de mère à l’écoute et rassurante (de mère-taxi, donc), à qui incombe l’énorme responsabilité logistique d’arriver à l’heure à ce fichu centre d’examen.

J’entre dans la chambre du valeureux candidat, m’attendant à le trouver au garde-à-vous. Le bien-heureux dort encore comme un loir. Le pauvre… J’impute naturellement ce lymphatisme aux effets de la « redescente » après le pic d’adrénaline, lui-même dû au stress post-révision.

Je m’approche doucement et lui souffle à l’oreille, d’une voix délicate et bienveillante :

«  Mon bébé, il y a « BEPC » ce matin. Ca va aller ? Tu vas tenir le choc? ».

Dans un premier temps, « Bébé » ne répond pas.
Oups j’avais oublié… Bébé fait la gueule. Hier soir, il y avait France-Equateur à 22h et Bébé a du s’asseoir sur la deuxième mi-temps.

Dans un second temps, « Bébé » m’indique, l’air mi-désabusé mi dogmatique, que çà fait depuis 1977 qu’on ne dit plus « BEPC » ( Brevet d’Etudes du Premier Cycle), mais DNB (Diplôme National du Brevet) ».

Enfin, quelques minutes plus tard, nous sommes prêts. C’est le moment d’y aller. On est hyper zen, mon fils et moi. (Enfin surtout moi). Je me contiens pour ne pas lui demander pour la douzième fois s’il a bien sa carte d’identité, sa convocation à l’exam, sa calculatrice, son compas, son rapporteur, ses kleenex, ses barres de céréales… et le numéro du Samu en cas d’urgence.

« Bon, on y va Maman ? Mais, j’y crois pas, tu pars où, là ? »

« Aux toilettes »

« Bah ça fait pas déjà 3 fois ? »

« … ».
[On ne peut se contenir sur tout, hein. Et puis oh, ça va, je vous vois venir : rien à voir avec le stress… juste l’omelette mexicaine d’hier soir qui ne passe pas]

Finalement, on est arrivés au centre d’examen complètement dans le timing et parfaitement détendus.
Comme quoi, faut vraiment qu’on arrête de nous pomper l’air avec ces histoires de Brevet des collèges. Tout le monde le sait : ce n’est qu’une formalité…

 

 

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« Adopte un curé » : la campagne racoleuse et hypocrite de l’Eglise Normande.

 

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« Adopte un un curé » : Telle est la nouvelle trouvaille de l’Eglise Normande pour relancer les dons en faveur du denier du Culte. S’inspirant du site de rencontres « Adopte un mec », cette campagne choc a pour but d’inciter la jeunesse chrétienne à mettre la main au portefeuille.

Regarder le clip de lancement de Adopte un curé sur You Tube

Dans ce clip publicitaire « divin », pas de sermon dogmatique ni d’oraison sentencieuse. Un jeune curé, soutane affriolante et physique à mi-chemin entre gendre idéal et prince charmant (un acteur, précise Le Point) qui n’attend, mesdames, mesdemoiselles, plus que vos dons pour s’offrir à vous corps et âme.

Et hop, fantasme féminin de la soutane à peine suggéré… Au diable vœux d’abstinence et autres pêchers interdits !

Une Eglise prête à tout pour moderniser son image

Grâce à ce coup marketing, l’Eglise espère avant tout rafraîchir, « déringardiser » son image. Les 6 évêques normands confient ainsi vouloir élargir leur public et atteindre une cible nouvelle : les 18 à 40 ans. Le choix d’un site de rencontre plutôt récent et prisé par les jeunes, refléterait ainsi leur volonté de se montrer proches d’eux, de leur mode de vie, de leurs codes. A l’ère des réseaux sociaux et des rencontres en ligne, la « Maison de Dieu » entend faire savoir qu’elle aussi, vit avec les progrès de son temps.

Parce que ouais le Pape est ouvert, ouais le Pape est cool : il surfe sur le web et a même un compte officiel sur twitter. Ouais le Pape aime le Djeuns… (Il a juste un peu de mal avec un petit bout de latex qui peut lui sauver sa vie de Djeuns).

La collecte du denier ne fait plus recettes ? Qu’à cela ne tienne. La religion est un business comme les autres. Les dévotes adopteront un curé/évêque/diacre/pape, que sais-je encore, tandis que L’Eglise, quant à elle, « adoptera » une statégie marketing plus propice à sa croissance.
Ce, quitte à renier éhontément ses valeurs fondamentales.

Il y a de l’idée là-dedans… Mais surtout beaucoup d’hypocrisie.

L’hypocrisie au service de la cupidité

L’argent saint n’a pas d’odeur. C’est pourquoi, les hommes de dieu n’hésitent pas à mettre de l’eau dans leur vin, allant même jusqu’à plébisciter – via une campagne racoleuse – des valeurs aux antipodes de celles habituellement prônées par les catholiques.

Qu’elle semble bien renvoyée pour toujours au temps jadis, cette conception poussiéreuse de la relation homme-femme, bâtie sur des principes obsolètes de chasteté ante-nuptiale, d’engagement mutuel, de fidélité, etc… Money is money : L’Eglise semble décidément prompte à remiser au placard ses vieilles lubies sur le couple, promouvant désormais des relations libres et légères où l’amour se consomme en un clic.

Tout juste l’Eglise devra t-elle encore faire l’effort de se dérider un peu en matière de contraception, afin de rendre cette affligeante mascarade plus crédible.

Car cette pathétique vidéo pseudo-humoristique laisse à penser que l’Eglise, à l’instar du site Adopte un mec, confère aux femmes un certain pouvoir décisionnel. Un comble lorsque certains catholiques sont aujourd’hui encore (tiens, plus d’humour sur ces questions-là?) réticents à donner aux femmes, ne serait-ce que le droit de disposer de leur propre corps en cas de grossesse non désirée. Et plus généralement, la religion catholique – soyons tout-à-fait honnête – n’a jamais fait référence en matière de considération de la femme au sein de la famille, de la société et encore moins au sein de l’Eglise (A quand, d’ailleurs, les femmes prêtres?)

Bref, entre luxure, cupidité et hypocrisie, la nouvelle campagne publicitaire de l’Eglise Normande, nous rapproche finalement plus des 7 péchés capitaux, que de l’image idyllique dont elle voudrait bien se parer.

Vendre son âme au diable pour renflouer les caisses de Dieu, soit… Reste maintenant à savoir si ce nouveau concept marketing s’avérera ou non payant.

 

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Couples, Sexe et trahisons sur M6. Quand « Zone interdite » fait du jounalisme poubelle.

La chaîne M6 a, une fois de plus boosté son audimat, avec son désormais coutumier « do«cul» du dimanche soir. « Teasing » racoleurs et reportages « sensationnels » (sexe, drogue, adultères, prostitution, argent sale…), c’est presque à chaque fois, le même « branle-bas de combat audimétrique » sur la chaîne de « Zone interdite » et « Enquête exclusive ».

C’est donc le plus naturellement du monde que ce dernier « Zone Interdite » du 16 février, nous proposait cette fois de plonger dans l’intimité de plusieurs couples en crise, avec un reportage sobrement intitulé – une fois n’est pas coutume – : « Prêts à tout pour sauver leurs couples ».

Fausse pédagogie

La journaliste-animatrice Wendy Bouchard lance pompeusement l’ « enquête », laissant entrevoir aux téléspectateurs, la possibilité de découvrir des pistes de réflexion, voire des clés pour sauver les couples en perdition. A noter, d’ailleurs, qu’elle clôturera également l’émission en insistant sur l’aspect « éducatif » du reportage (« Vous l’aurez compris, hein, il existe des solutions pour s’en sortir »).

Après les généralités d’usage d’ordre statistique* , les présentations…

Nous voici donc « en route » pour la soirée, avec 4 beaux cas d’école de couple en déclin, qui ont « gentiment-accepté-de-se-laisser-filmer-pendant-un-an-par-nos-équipes-de-reporters». Des personnes comme vous et moi, donc, qui ont consenti à livrer sur un plateau (au sens propre comme au figuré) les détails de leur vie privée – tant qu’à faire – de leur vie sexuelle.

Manque de spontanéité

Au cours des séquences de vie qui se succèdent, tout y est : déballage de linge sale, règlements de compte en public, confidences croustillantes, larmes et insultes que l’on devine – à peine – sur commande.

Quand bien même cette équipe de journalistes serait restée 24h sur 24h pendant un an au chevet de ses couples qui se déchirent, sommes-nous assez dupes pour croire que leurs caméras (si discrètes fussent-elles) se trouvaient miraculeusement là dans les moments cruciaux ? Comment juger de la spontanéité de scènes « intimes » entre personnes qui se savent filmées ?

D’ailleurs, Au vu de certains passages surjoués, le téléspectateur aura plutôt eu l’impression de se retrouver devant une sorte de reconstitution, servie par un mauvais jeu d’acteurs. C’est notamment le cas de cette dispute surréaliste où l’un des conjoints, se sachant pourtant filmé, insulte copieusement sa compagne, ainsi que la journaliste présente sur place.

Racolage facile et voyeurisme

Que dire, en outre, de ce portrait racoleur de Martine, cinquantenaire malheureuse dans son couple, en quête d’affection, qui cherche à oublier ses déboires aux bras d’amants d’un soir… Du pain béni pour des réalisateurs qui n’ont pas lésiné sur les gros plans accrocheurs des bas noirs, talons, fesses et décolletés exhibés de cette femme en grande souffrance psychologique.

Une phrase expliquant qu’elle se pliait à tous les jeux pervers de ses amants pour leur plaire, aurait ainsi largement suffit à éclairer le téléspectateur sur la situation, plutôt que de consacrer de longues minutes de reportage à la contemplation de ses tenues fétichistes, ou bien à la façon de boutonner sa robe en latex.

Psychologie de comptoir et exploitation de la détresse humaine

Chaque séquence, est bien-entendu, entrecoupée d’analyses, de conseils de psy, thérapeute conjugal et autre gynécologue de renom, histoire d’apporter un peu de crédit à un « reality show » qui se verrait mieux en reportage éducatif.

On peut se demander à quel niveau d’exhibitionnisme, de cynisme ou bien de désespoir faut-il se trouver pour en être rendu à confier à des journalistes, le rôle de témoin voire de médiateur de ses problèmes conjugaux.

Reste-t-il vraiment quelque chose à sauver de son couple, lorsqu’on accepte ainsi de sacrifier sur la place publique, ce qui normalement devrait constituer son bien le plus précieux : son intimité ?

Difficile de dire ce qu’il y a de plus pathétique, finalement, entre hypocrisie et abus de faiblesse de la part de journalistes qui se servent éhontément, dans le grand bazar de la détresse psychologique.

Les protagonistes de ce genre de reportage sont utilisés comme de la chair à canon, sacrifiés sur l’autel de la guerre de l’audimat.

Que leur a t-on promis au juste… Que leur témoignage aiderait d’autres couples en difficultés ? La bonne affaire! Il semble que les bénéfices tirés soient bien mince, au regard des risques encourus.

Après que, successivement, les journalistes, la société de production, la chaîne et les téléspectateurs se sont tous bien repus de leur histoire, c’est maintenant au tour des internautes de se délecter. Martine, cliché trop parfait de la femme d’affaires cougar nympho-maniaco-dépressive, moquée sur le web, est devenu malgré elle une véritable « star » sur twitter, comme l’indique le site Metronews. Et on ne peut qu’imaginer les répercussions désastreuses de ce « buzz » involontaire sur l’état psychologique de cette dernière (Mais de cela, personne pour s’en soucier, l’audimat est fait).

Reste que si M6 souhaite verser dans la télé-réalité, après tout, c’est son choix. Mais qu’elle l’assume jusqu’au bout et ne nous vende pas ce genre de programme comme du « reportage », diffusé dans le cadre d’un « magazine d’information et d’actualité ».

Rien n’est plus exaspérant que de se voir ainsi infliger des leçons d’art de vivre conjugal… A fortiori par ceux qui, en ce qui les concerne, mériteraient bien une petite leçon de journalisme.

*« Un mariage sur deux, en France, se solde par un divorce », « Les premières causes de rupture conjugale sont l’infidélité, l’argent, la belle-famille et le travail », etc…

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