Lol, Témoignages, Uncategorized

Brevet des Collèges : Une formalité?

Ce matin – fait rarissime – j’étais réveillée bien avant la sonnerie de mon réveil.
Je l’avais pourtant programmé plus tôt que d’habitude. Courroie qui lâche inopinément, chute de météorites qui barrent la route, pluie diluvienne sur le pare-brise, empêchant de rouler à plus de 2km/ heure, opération « escargot » surprise… On n’est jamais trop prudent.

Je me lève  et ressens comme une légère oppression, à la limite de la nausée. J’ai une sorte de boule au ventre et un nœud dans la gorge… À moins que ce ne soit l’inverse. [ « Peut-être une angine ? Tap tap ta la la la… »]

Et puis soudain, me revient la raison de mon mini-émoi : Ce matin il y a « BEPC ».

Des semaines que mon ado de fils révise d’arrache-pied (Okay… 3 jours, en fait).

Des semaines qu’il se concentre sur l’ordi, faisant chauffer le disque dur plusieurs heures d’affilée, l’air concentré, casque aux oreilles.
« Legend of legend », « Battle Field », « Call of Duty »… Comprenez, en section européenne, tous ses cours doivent être traduits en anglais.

Des semaines qu’il se stresse démesurément, parce qu’avec le nouveau système de points acquis tout au long de l’année, on a beau retourner le calcul dans tous les sens – et à moins d’une crise de tétanie qui l’empêcherait de tenir son stylo – il est sûr de l’avoir.

Je me lève presto, toute pleine de mon rôle crucial de mère à l’écoute et rassurante (de mère-taxi, donc), à qui incombe l’énorme responsabilité logistique d’arriver à l’heure à ce fichu centre d’examen.

J’entre dans la chambre du valeureux candidat, m’attendant à le trouver au garde-à-vous. Le bien-heureux dort encore comme un loir. Le pauvre… J’impute naturellement ce lymphatisme aux effets de la « redescente » après le pic d’adrénaline, lui-même dû au stress post-révision.

Je m’approche doucement et lui souffle à l’oreille, d’une voix délicate et bienveillante :

«  Mon bébé, il y a « BEPC » ce matin. Ca va aller ? Tu vas tenir le choc? ».

Dans un premier temps, « Bébé » ne répond pas.
Oups j’avais oublié… Bébé fait la gueule. Hier soir, il y avait France-Equateur à 22h et Bébé a du s’asseoir sur la deuxième mi-temps.

Dans un second temps, « Bébé » m’indique, l’air mi-désabusé mi dogmatique, que çà fait depuis 1977 qu’on ne dit plus « BEPC » ( Brevet d’Etudes du Premier Cycle), mais DNB (Diplôme National du Brevet) ».

Enfin, quelques minutes plus tard, nous sommes prêts. C’est le moment d’y aller. On est hyper zen, mon fils et moi. (Enfin surtout moi). Je me contiens pour ne pas lui demander pour la douzième fois s’il a bien sa carte d’identité, sa convocation à l’exam, sa calculatrice, son compas, son rapporteur, ses kleenex, ses barres de céréales… et le numéro du Samu en cas d’urgence.

« Bon, on y va Maman ? Mais, j’y crois pas, tu pars où, là ? »

« Aux toilettes »

« Bah ça fait pas déjà 3 fois ? »

« … ».
[On ne peut se contenir sur tout, hein. Et puis oh, ça va, je vous vois venir : rien à voir avec le stress… juste l’omelette mexicaine d’hier soir qui ne passe pas]

Finalement, on est arrivés au centre d’examen complètement dans le timing et parfaitement détendus.
Comme quoi, faut vraiment qu’on arrête de nous pomper l’air avec ces histoires de Brevet des collèges. Tout le monde le sait : ce n’est qu’une formalité…

 

 

Publicités
Par défaut
Lol, Opinions, analyses

Un détaillant japonais lance une ligne de lingerie Disney : drôle ou ringard ?

Petite « révolution » dans le monde de la lingerie féminine : Un détaillant japonais vient tout juste de créer une ligne de sous-vêtements, inspirée directement des robes portées par les princesses Disney.

Et bien-sûr, à peine l’annonce du lancement effectuée, les médias s’interrogent déjà sur la façon d’appréhender une telle collection.

A en juger sur la forme, d’abord, il faut bien se rendre à l’évidence : le monde de la lingerie Disney est un monde « désenchanté » plus qu´un monde « enchanteur »… Car avec une telle ligne de sous-vêtements (pardon pour celles qui l’auraient déjà acheté sur un coup de tête), c’est à coup sûr le désenchantement qui guette Monsieur « Prince ».

Lingerie ringarde, pas sexy

Là où l’on attendait le rêve, les paillettes, la féérie Disney, le Styliste-Designer Japonnais casse tout. Formes ringardes et pas sexy pour un sou, lignes très sages voire déprimantes ; Pas de string, tanga ni balconnets affriolants, mais culottes et soutiens-gorge « gentille fifille » à petits noeuds et froufrous.

Gros « fail », également, au niveau deu choix des couleurs : point de coloris chatoyants tendances, mais au contraire des teintes pastel blafardes et rétrogrades : vieux bordeaux délavé de grand-mère pour Aurore, mauve fadasse cafardant pour Raiponce, jaune moutarde à refiler la nausée pour Belle, et enfin, bleu glaciaire qui refroidirait un âne en rut pour Cendrillon.

Une collection de lingerie Disney pas aussi sexy qu’on voudrait bien nous la présenter, donc, mais disons tout au plus « romantique », pour ne pas dire mièvre. Le genre de sous-vêtements qui pourraient convenir [admettons] pour de (très) jeunes filles [éventuellement], adulte attardée [à la rigueur], vierge neurasthénique [pourquoi pas] ou bien pour une blague d’un soir [exceptionnellement]. Admettons…

Si l’on s’attarde sur le fond, à présent. Peut-on considérer cette nouvelle ligne de lingerie comme cliché? Drôle? Ou bien choquante?

Cliché?

On pourrait ainsi concevoir que certaines féministes y voient un cliché genré de plus.

Les 4 princesses égéries de la marque japonaise de sous-vêtements n’ont, en effet, pas été choisies par hasard : toutes, à la fin de l’histoire, finissent par « choper ». Le message principal véhiculé étant qu’on n’attrape pas ce gros relou de prince avec du vinaigre mais avec de la lingerie « sexy »…

Drôle?

Il faut tout de même concéder que le concept est assez original. Certaines y verront peut-être une bonne occasion de jouer l’effet « surprise », afin de ravir le coeur du Prince. Rigolote ou sexy, certes, il faudra choisir. MAIS étant donné que « homme qui rit à moitié dans ton lit.. » Si monsieur adhère à ce genre d’humour, tout espoir (charnel) est encore permis.

Choquant ?

Ce n’est pas la première, et ce ne sera sans doute pas la dernière fois que des vêtements ou objets sont ainsi estampillés Disney. On trouve bien des serviettes de bain Disney, des pyjamas, des tongues, des montres Dysney, alors pourquoi pas des sous-vêtements Disney? A fortiori si ces derniers n’ont vraiment rien de trash et relèvent même plus du kitsh que du sexy.

Ce qui aurait été beaucoup plus dérangeant, c’est de voir commercialisés des objets à réelle connotation sexuelle – et donc à destination d’un public « adulte » – sous un label qui, lui, a au contraire une visée « enfants » ou « jeune public ». On verrait mal, par exemple, un préservatif ou encore un vibro Disney.

Cette nouvelle collection de lingerie est donc, à mon sens, plus anecdotique que révolutionnaire ou même choquante. Et pour ma part, je crois que je vais m’abstenir de porter cette tenue de princesse prout-prout, même si je revendique avoir toujours gardé une âme d’enfant.

Par défaut
Lol, Opinions, analyses, Témoignages

Clara Dupont-Monod, le féminisme et France Inter : une interview déconcertante

[Article paru le 27/08/13, sur Le Plus Nouvel Obs : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/926470-clara-dupont-monod-le-feminisme-et-france-inter-une-interview-deconcertante.html]

Pour sa rentrée sur France Inter, la journaliste Clara Dupont-Monod (qui remplace Pascale Clark pour l’Invité de de 7h50) avait convié ce lundi Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez le féminisme. Le propos initial de cette rencontre était d’évoquer l’initiative lancée par le collectif, visant à faire entrer des femmes au Panthéon, aux côtés de Marie Curie et de Sophie Berthelot (qui doivent, il est vrai, s’y sentir bien seules).

La colère des féministes

Seulement voilà, la nouvelle recrue de France Inter – débordant de zèle – a déroulé un questionnaire pétri de poncifs nauséabonds et condescendants sur le féminisme : l’interview tourne rapidement en véritable procès d’intention, provoquant l’ire interloquée de nombreuses militantes.

http://http://www.dailymotion.com/video/x13o5vs_anne-cecile-mailfert-les-heureuses-elues-au-pantheon-sont-o-de-gouges-l-michel-g-tillion-s-de-beauvo_news?start=6

Voici les réactions indignées de quelques unes d’entre-elles, sur twitter, suite à ce moment de radio surréaliste.

Caroline De Haas@carolinedehaas

16 Retweets   6 favoris
Les Martiennes@lesmartiennes

2 Retweets   1 favori
Alice Coffin@alicecoffin

« C est un  qui ne compte pas emasculer les hommes? »festival de poncifs et ignorance dans questions de clara dupont-monod @f_inter

22 Retweets   2 favoris
CrêpeGeorgette@valerieCG

c’est ce qu’on appelle une interview de fond. Passionnant. peut-être un peu complaisante, bête, racoleuse et cliché mais intéressante hein.

1 Retweet

D’autres féministes ont répondu à Clara Dupont-Monod sur leurs blogs ici ou .

Un moment de radio déconcertant

Mais quelle mouche (ou abeille devrions-nous dire, pour les raisons évoquées plus loin dans ce billet) a donc pu piquer notre amie Clara Dupont-Monod ? Car il faut bien admettre que les questions de la nouvelle intervieweuse politique de France Inter sont pour le moins orientées.

Jugez-en par vous-mêmes :

– « Vous ne pensez pas que les nouveaux féministes, ce sont en fait les hommes ? »

Ben voyons ! Attribuons tout le mérite des combats féministes aux hommes… Cela s’appelle du « men hangin' » et c’est pas très glorieux comme procédé de racolage.

 « Osez le féminisme, c’est un féminisme qui est contre les hommes ou tout contre les hommes ? »

Comprenez ici qu’il n’y a nulle autre alternative possible dans les rapports hommes-femmes : ou bien on déteste les hommes ou bien on les suce. Est-ce clair ? Un poil binaire, comme analyse journalistique.

– « Donc c’est un féminisme qui ne compte pas émasculer les hommes ? C’est une bonne nouvelle, je vois tout le monde qui se détend dans le studio. »

C’est qui tout le monde ? Peut-être Clara Dupont-Monod évoque t-elle le personnel réputé quasi-exclusivement masculin de France Inter ? Je croyais pourtant qu’une grosse prise de conscience concernant l’absence de parité au sein de l’équipe dirigeante de cette radio, avait eu lieu, notamment lors de cet événement tragique d’invasion de leurs locaux par les « Barbues ».

– « La parité, ça veut dire que si on doit choisir entre une femme incompétente (au hasard) et un homme compétent (encore au hasard), ça sera toujours la femme incompétente, non ? »

Réfléchis un peu, Clara… Si le féminisme dont tu parles existait vraiment, France Inter t’aurait alors choisie pour d’autres raisons (besoin d’une potiche ?) que celles inhérentes à ton supposé talent. On ne va quand même pas t’expliquer que la parité, c’est un truc qui s’applique à compétence égale, et uniquement à compétence égale.

Et enfin (le meilleur ayant été gardé pour la fin) :

– « Est-ce que les féministes ont de l’humour ? Oui ? Cela mérite une dépêche AFP ! »

Possible que les féministes n’aient pas plus d’humour que la moyenne, mais ne vaut-il pas mieux en avoir peu – et même ne pas en avoir du tout – qu’en avoir un vaseux ?

Victime du syndrome de la reine des abeilles ?

Second degré, excès de zèle ou ignorance ? Allez savoir… Je me garderais bien, moi-même, de tacler cette journaliste qui ne fait, après tout, que son métier (de « gratte-poils », pour laquelle on la paie, vraisemblablement).

Je lui ferais tout au plus remarquer que la liste des clichés méphitiques qu’elle énumère sur le féminisme n’est pas exhaustive. Elle oublie en effet celui sur le syndrome de la reine des abeilles – syndrome dont il se pourrait bien qu’elle souffre elle-même, sans le savoir.

Le « Queen Bee Syndrome » (dans sa version anglophone), donc, serait ainsi un syndrome psychique et/ou social, selon lequel une femme arrivée au pouvoir n’aide pas ses collègues et subalternes féminines et essaie même plutôt de les écraser.

Dans les années 1970, des chercheurs américains (Toby Epstein Jayaratne et Carol Travis) auraient en effet « découvert » que les femmes étaient loin d’être solidaires entre-elles, au travail en particulier. Leurs études auraient ainsi montré que « les femmes qui réussissaient dans des secteurs d’habitude dominés par les hommes, étaient obsédées par l’envie de conserver leur pouvoir et s’opposaient très souvent aux succès d’autres femmes ».

De même, une autre étude, réalisée en 2011 par le Workplace Bullying Institute, montre quant à elle que les « femmes qui tyrannisent les autres salariés au bureau dirigeraient directement leur haine contre leurs pairs 80 % du temps quand les hommes sont plus équitables et s’en prennent aussi bien aux messieurs qu’aux dames ».

Moi-même, lorsque j’ai débuté ma vie active, j’ai dû me frotter à de vilaines « Queen Bees ». Assez bien diplômée et pas trop repoussante, je me suis sentie comme un loup qui entre dans la bergerie. Mes collègues féminines me tournaient cruellement le dos à la machine à café, pendant que les collègues masculins, eux, s’empressaient de glisser un jeton dans la fente du distributeur à café pour me l’offrir.

Ainsi va la vie. Il arrive, de temps à autre, que les femmes se tirent dans les pattes entre-elles, donnant ainsi raison à l’adage voulant que la femme soit, finalement, son propre ennemi. C’est sans doute la leçon que les féministes semblent devoir tirer de cette affaire : ne jamais oublier que le diable s’habille aussi, parfois, en Prada.

Par défaut
Lol

Désexualiser les mots, enrichir son vocabulaire

[Article paru le 19/10/12, sur le blog Bas geek instinct – Les Inrocks : http://blogs.lesinrocks.com/basgeekinstinct/2012/10/19/desexualiser-les-mots-enrichir-son-vocabulaire/ et sur le site Etale ta culture : http://www.etaletaculture.fr/culture-generale/top-10-des-mots-apparemment-cochons/]

Alors même que notre belle langue de Molière est partout reconnue pour sa richesse et met à notre disposition un répertoire lexical très complet, que constate t’on ? Certains mots ne sont, aujourd’hui, que très peu utilisés par nos compatriotes. Pire, certains ont même été totalement évincés de notre vocabulaire, au simple motif que notre esprit mal tourné détourne leur véritable signification (souvent méconnue), en les affublant d’un sens imaginaire tout autre.

Mais alors, si un quiproquo embarrassant est vite arrivé, que faire pour réhabiliter, et nous rapproprier ces mots injustement mis au banc de nos conversations…?

Un premier pas, pour relever ce véritable challenge linguistique, consisterait à (ré)apprendre leur sens originel. Petit tour d’horizon, donc, de ces vilains mots tabous qui nous mettent (encore) très mal à l’aise en public (et pour cause) :

– Bitter

Pour commencer, res-pi-rons mesdames, il n’y a aucun mal à demander à un homme « ce qu’il bitte ». Au contraire, cela signifie que vous vous intéressez à lui, car en vieux français, cela revient, non pas à lui demander ce qu’il vaut au lit, mais bien quels sont ses projets, ses buts dans la vie.

– Jaculatoire

Messieurs qui êtes judéo-chrétiens, vous aussi, devriez pouvoir expliquer à vos compagnes (judéo-chrétiennes, elles-aussi) que vous souhaiteriez un peu d’intimité, afin de vous livrer tranquillement à une oraison jaculatoire (courte prière en direction de Dieu) sans qu’elles vous regardent avec des yeux ahuris.

– Goder

Madame, si votre collègue de bureau, hoche la tête d’un air réprobateur, à la vue de votre jupe-tailleur, en laissant échapper un « je n’aime pas quand çà gode », n’ayez crainte : il n’est pas en train de juger négativement ce que vous avez (peut-être) fait la veille avec votre jouet préféré, mais plutôt de vous rendre service en vous indiquant que votre jupe fait des faux plis.

– Branler

Messieurs, sachez que la branle désigne une sorte de danse collective très ancienne, remontant aux rondes du moyen-âge. Ainsi, en soirée, n’hésitez plus à demander à votre partenaire de vous « accorder une petite branle ». Avec un peu de chance – cette dernière ayant lu cet article – votre requête ne lui inspirera ni indignation, ni dégoût et elle vous tendra son bras avec plaisir (ailleurs que dans votre face).

– Invagination

Madame, si suite à une échographie abdominale, votre médecin vous annonce que vous avez une « invagination intestinale », cela est très préoccupant certes, mais ne cédez pas pour autant aux interprétations hâtives : votre vagin n’est pas hors-service et n’a pas, non plus, migré au niveau de votre appareil digestif. L’invagination (ou intussusception intestinale) est un terme médical, désignant l’incorporation d’un segment d’intestin dans la portion intestinale située plus en aval. Pas vraiment rassurant, mais – encore une fois – rien de sexuel dans ce mot à consonance barbare.

– Vergeter

Rassurez-vous : strictement aucun rapport avec le mot verge, au sens pénis du terme. De même, vous pouvez d’ores et déjà ranger votre fouet et vos menottes au placard, ainsi que toute l’artillerie SM dont vous disposez. Cela ne vous sera pas utile puisque vergeter signifie simplement nettoyer, brosser un vêtement ; Notons qu’il est, par ailleurs, possible de s’auto-vergeter.

– Concupiscence

Non, ce n’est pas un terme patchwork rassemblant en un seul, les trois mots : con, cul et pisse, et évoquant une nouvelle pratique sexuelle à tendance scatologique. La concupiscence désigne seulement un penchant pour les plaisirs sensuels.

– Bander

Il y a quelque temps, si des amis vous avaient proposé de venir les aider à « bander » tout un week-end dans leur nouvel appart’, vous auriez décliné l’invitation, gêné, pensant être invité par des libertins à un week-end échangiste. Oui, mais cà c’était avant de lire cet article. Maintenant, vous accepterez volontiers de prêter main forte à vos amis pour leurs travaux, en joignant quelques plaques de plâtre dans la bonne humeur et à la bonne franquette.

– Piper

Monsieur, lorsqu’au détour d’une conversation, votre nouvelle petite amie vous dit « ne rien piper », sachez que tout espoir de sexualité épanouie n’est pas définitivement perdu. En fait, pas de panique, votre dernière conquête n’a vraissemblablement rien contre les pratiques bucco-génitales, mais vous fait savoir qu’elle souhaiterait plus de détails, afin de comprendre ce que vous êtes en train de lui raconter.

– Yakitoris

Et enfin, Madame, si un homme vous dit, l’oeil brillant et un filet de bave au coin des lèvres : « Je me ferais bien un Yakitoris ce soir », pas la peine de vous enflammer. Il n’a probablement pas en tête de mordiller, d’emblée, votre petit bouton d’amour magique. Les yakitoris (littéralement « oiseau grillé » en japonais) sont de délicieuses brochettes de viande, cuites au gril… (Comme un oiseau, vous planerez peut-être, mais d’un point de vue gustatif seulement).

Voilà. Si malgré ce debriefing, vous persistez à vouloir éviter ces 10 mots, on ne peut vraiment plus rien pour vous. Vous avez définitivement un esprit trop pervers…

Par défaut
Lol, Témoignages, Uncategorized

« Presque Dieu » et …désir d’enfant.

[Article publié le 27/09/13, sur Bas geek instinct, Les Inrocks : http://blogs.lesinrocks.com/basgeekinstinct/2012/09/27/presque-dieu-et-desir-denfant/]

Çà y est, je crois que je l’ai rencontré. Pas Dieu, non… Presque. LE bipède de sexe masculin aux qualités incommensurables (que je tairai moins par souci de protéger son anonymat que celui de le protéger des assauts de la concurrence féminine).

Quand je me suis trouvée devant lui pour la première fois, ça a été comme une décharge électrique qui me traversait de part et d’autre. Et depuis, à son contact, c’est comme si j’avais en permanence les deux doigts dans la prise : peau électrisée, fibrillation ovarienne, libido en surchauffe et cerveau disjoncté. Oui. Rien que ça. De plus – bonus providentiel – PresqueDieu cuisine comme un chef étoilé et a su donner un second souffle à mon vieux four électrique.

Et – magie – passés 6 mois de cette épreuve du feu, ça ne sent toujours pas le cramé entre nous. Pire, un soir, après un dîner bien arrosé, nous avons même évoqué en riant, l’éventualité de respirer un jour, ensemble, une odeur toute autre. Celle du lait 1er âge, du Mustela et du biscuit à la cuillère mouillé. Vous avez bien compris, je ne vais pas vous faire un dessin.

Puis, il en a reparlé une autre fois. C’était un matin, comme çà, sur l’oreiller. Cette même odeur fût, à nouveau, le fil conducteur d’une discussion branchée sur du 220 volts émotionnel. Les plumes de l’oreiller avaient presque fondu.

Effectivement, si l’on fait abstraction du fait que :

– j’ai déjà un gamin de mon côté

– PresqueDieu en a déjà un aussi du sien.

– je rechigne un peu à m’infliger une hygiène de vie monastique (haro fortement conseillé par le corps médical sur les clopes, alcool et autres substances toxiques)

– j’émets quelques réserves sur le fait d’être condamnée à dormir debout le jour et assise la nuit (rapport aux brûlures d’estomac)

– j’ai quelques freins à l’idée de livrer mes états d’âme à la merci des fluctuations d’hormones capricieuses et volatiles, ainsi qu’à la perspective de voir mon  humeur épouser la courbe sinusoïdale d’un courant alternatif.

– je me refuse catégoriquement à porter djellaba de fakir et autres toges de vieux sages grecs, qu’on ose nous vendre comme vêtements pour femmes enceintes

– je m’oppose fermement à devenir la réplique féminine de Iz (kilos en plus, mobilité  réduite et ralentie en prime)

– j’ai enfin quelques réticences à bousiller tous mes plans de carrière (je viens juste de refaire surface socialement)

C’est sûr, si on fait abstraction de tout çà, l’idée de « fusionner » avec PresqueDieu me paraît presque bonne :

– je retrouverai la peau de pêche et le teint frais et rosé de mon enfance (ce qui est un minimum, au vu des lourds sacrifices consentis évoqués plus haut) et -indispensable- de beaux ongles [Sauf que dans la vraie vie, de beaux ongles ne servent strictement à rien, à part peut-être à gratter le bandeau poudré gris des Bancos et éventuellement essayer de décoller (sans jamais y parvenir complètement) cette fichue étiquette-prix orange de l’emballage du CD qu’on veut offrir].

– j’aurai également une poitrine de rêve* (*bémol tout de même : une poitrine de rêve CONSIGNEE, puisqu’il faudra rendre les gros seins à la fin du contrat).

– de surcroît (et ce, en dépit d’une opulence mammaire provisoire, donc), il faut reconnaître que la grossesse reste, malgré-tout, une parenthèse dans la vie d’une femme, propice à l’amitié. C’est un fait, enceinte, on se fait beaucoup plus de copines. Tout simplement parce que, vous voyant ainsi « neutralisée » sur le plan du potentiel érotique, les autres femmes vous regardent d’un air complice et attendri, et non plus comme une rivale à abattre (essayez vous verrez).

L’angoisse, c’est que je me demande si PresqueDieu saura se comporter en héros et se montrer capable de gérer l’«Autre ». C’est à dire la personne légèrement chamboulée et un poil casse-c……. que je deviendrai inexorablement sous l’effet des oestrogènes. Tantôt exaltée, tantôt désespérée, submergée d’envies contradictoires, impossibles à satisfaire :

« j’ai la nausée mais je pense que j’ai faim quand-même »,

« j’ai chaud ou j’ai froid, j’en sais rien en fait »,

« chéri, fais-moi l’amour, mais pas trop », etc…etc…

A vrai dire, je m’inquiète aussi de ne pas savoir comment réagira  PresqueDieu lorsque je l’enverrai, en pleine nuit, me chercher un verre de jus de goyave du Nigeria (à boire absolument avec une paille) ou une tasse de lait de chèvre de Patagonie, aromatisé aux véritables gousses de vanille de Madagascar ?

Bref, me voilà donc les deux doigts dans la prise, en train rêver à ce petit être qui serait mon point faible et mon point fort à la fois, mon doux point de dérivation. Une sorte de « raccord » de fil, de soudure indestructible entre PresqueDieu et moi. Oui, c’est vrai ça au fond, il faut se détendre un peu : avoir un enfant avec un bipède de sexe masculin, ce n’est jamais rien d’autre qu’une histoire d’accepter ou non, le risque de grimper de quelques ampères avec lui, ce, sans installer aucun fusible.

Finalement, un auto-blogging-debriefing, c’est toujours utile… On n’est jamais à l’abri d’une envie soudaine de lait de chèvre de Patagonie aromatisé aux véritables gousses de vanille de Madagascar… d’autant que … oups ! : sonate n°17 en ré majeur de Franz Schubert [la sonnerie de mon portable]

Ah… Ce doit être PresqueDieu…

Je vous laisse… On s’tient au jus.

Par défaut
Lol, Témoignages

L’âne de Buridan, le string et la culotte

[Article paru le 08/08/12, sur le blog Bas geek instinct – Les Inrocks : http://blogs.lesinrocks.com/basgeekinstinct/2012/08/08/lane-de-buridan-le-string-et-la-culotte/ et sur le site Madmoiz’Elle.com : http://www.madmoizelle.com/culotte-string-ane-buridan-121157]

Notre existence est un long parcours jalonné d’options. Sans boussole ni GPS, chacun d’entre-nous trace sa propre feuille de route, à travers les choix qu’il opère. S’il y a les choix cruciaux, qui engagent ou conditionnent le reste de votre vie,  il y a aussi les petits choix futiles qui détermineront pourtant la couleur de vos journées, l’odeur d’une poignée d’heures et même le goût d’un instant fugace. Vivre, en somme, c’est retenir, éliminer, opter, préférer, décider à chaque instant, à chaque bouffée d’air inspirée.

Et parfois cela commence au saut du lit. 6h15. Réveil. Pas envie d’aller au boulot, sachant qu’en plus à cette période, tout le monde est en vacances. Comment m’habille-je ? Histoire de gagner quelques minutes sous la couette, je décide de mener la réflexion depuis mon lit, plutôt que devant mon dressing. J’hésite entre mon jean élastane super confortable qui me fait un cul genre « incognito » ou bien mon petit pantalon lin blanc moulant qui me fait un cul genre « VIP ».

Normalement, une nana épanouie et bien dans sa tête, ne se pose même pas la question : c’est cul « VIP » direct, sans l’ombre d’une hésitation. Oui mais là, j’ai dormi 2 h, un mal de crâne pas possible et une motivation de cigale  amorphe en phase terminale. De plus, qui dit lin blanc, dit transparent, dit string (c’est mathématique). Seulement là, je ne suis pas vraiment disposée à me sentir torchée essuyée (ce n’est pas parce qu’on est un poil de mauvaise humeur qu’il faut se laisser aller à la vulgarité) toute la journée durant, au bureau, par une  bandelette en tissu dentelé de 1,5 millimètres de large. Je verrais donc infiniment mieux le jean avec culotte moche – mais confortable – en dessous. Sauf que primo, le jean en question est celui que j’ai porté à l’after-work d’hier soir, qu’il tient quasiment debout tout seul et qu’il empeste le tabac froid. Et deuxio, bien-sûr c’est vendredi et je n’ai plus rien d’autre à me mettre. Black-out vestimentaire intégral.

J’attrape mon blackberry pour checker l’heure… Outch ! Ca fait déjà 10 minutes que je tergiverse sur cette histoire de string-culotte, quand machinalement, j’ai l’idée de taper « choix » « difficile » sur l’écran tactile, comme çà, peut-être juste pour gagner encore un peu de temps. Résultat de la recherche : « Le paradoxe de l’âne de Buridan ». Interpellée, je checke à nouveau l’heure. Si je zappe la douche, j’ai encore 10 minutes pour satisfaire ma curiosité, piquée à vif par cet âne étrange et percer le mystère qui l’entoure… La légende dit que cet âne serait mort de faim et de soif, entre son picotin d’avoine et son seau d’eau, faute d’avoir pu choisir par quoi commencer. Un dilemme poussé à l’absurde, occasionné par un phénomène de double contrainte.

Le con.

(Si. Je regrette, même s’il a d’autres qualités érectiles notoires, l’âne reste cependant un animal stupide).

Me voila donc bien avancée. Rapide coup d’oeil aux résultats de recherches suivants : il y a tout plein de citations de mecs connus sur le thème « choisir ». Bon… Si je prends mon café au bureau, plutôt que chez moi, il me reste environ 8 minutes avant d’aller attraper le bus en bas de la rue. Voyons donc ce qu’en pensent, les grands pontes en philosophie. Qui sait, l’un d’eux me fera peut-être pencher côté string ou l’inverse, pourvu qu’il me fasse pencher, doux Jésus, l’heure tourne.

1- « Un homme doit choisir. En cela réside sa force : le pouvoir des décisions » Paulo Coelho

Le pouvoir serait donc subordonné à la faculté ou non de faire des choix. En clair, si je ne suis pas capable de choisir, on ne pourra pas confier de responsabilités. Il faut donc que  je tranche rapidement en faveur du string (si toutefois je dois prendre le string). Ainsi, Gérard se rendra probablement enfin compte de mon immense motivation et me refilera volontiers le dossier « Freemax », qui passera du coup sous le nez de Martine (Gérard c’est mon boss, 30 ans de boîte, la cinquantaine bedonnante, machiste et libidineuse. « Freemax », c’est The dossier-que-tout-le-monde-veut, sur lequel je bave depuis des semaines et qui filerait un sacré coup de boost à ma carrière. Martine, c’est la vieille peau qui partage mon bureau, en fin de course mais  toujours en sprint, qu’on peut suivre à la trace grâce aux tranchées creusées par ses dents sur le parquet de l’open-space et qui, naturellement, veut aussi « Freemax »…) [jouissif].

2- « La volonté trouve, la liberté choisit. Trouver et choisir, c’est penser » Victor Hugo

Pas mal. Si je transpose, ma volonté à moi réclame le string, alors que ma liberté, elle, choisirait bien la culotte. A en croire le proverbe, Il faut tenter d’associer volonté et liberté pour penser pleinement. Autrement dit, si j’applique l’idée à ma situation, cela revient ni plus ni moins à superposer mon string sur ma culotte [absurde].

3- « Choisir c’est se priver du reste » André Gide

Cà se tient. Si je choisis le string,  je renonce à mon confort, mais je prends un avantage considérable sur Martine, dont les fesses ont perdu leur combat contre l’apesanteur depuis longtemps, et je mets ainsi toutes les chances de mon côté pour récupérer le dossier « Freemax ». En revanche, si je choisis la culotte, je renonce à mon dossier, mais je n’aurai pas ce fichu bout de fil entre les fesses toute la journée. Je serais donc super à l’aise au bureau,  pourrai croiser, décroiser les jambes à souhait, me pencher en avant, en arrière et sur les côtés pour attraper ou déplacer des dossiers… mais des dossiers nuls et sans intérêt puisque « Freemax » sera tombé aux mains de Martine (cf paragraphe 1) [Insupportable].

4- « Ne pas choisir, c’est encore choisir » J-P Sartre

Un tas d’autres intellectuels préconisent, quant à eux, le non-choix chaque fois que cela est possible. Si je transpose cette théorie à mon cas de figure, je ne m’impose rien qui me déplaise et ne m’interdit rien qui me convienne : je mets donc le lin blanc moulant qui me sied le mieux, mais avec la culotte de grand-mère en dessous. Et hop ! [Nul].

5- « Qui veut choisir prend souvent le pire » Mathurin Régnier

C’est vrai çà, choisir c’est prendre le risque de se tromper. Imaginons que je prenne l’option jean-culotte. Je suis en retard. Je descends du bus. J’arrive à un passage clouté, je voudrais bien traverser, mais le feu est vert. Aucun automobiliste ne me laisse passer. Peut-être que si justement j’avais eu un string, le blaireau qui me reluque d’un air condescendant, en fumant sa cigarette vitres ouvertes, m’aurait laissé passer. Je n’aurais alors pas été en retard au « brainstorming » et Gérard n’aurait pas refilé le dossier « Freemax » à Martine [Risqué].

Toujours plus indécise, j’ai de plus en plus mal au crâne. Et bien que l’âne de Buridan ne m’apparaisse pas comme le meilleur conseiller en matière de choix, je me résigne tout de même à lui demander son avis.

– Tu ferais quoi à ma place ?

– Tu le sais : je ne pourrais pas me décider et j’en mourrais.

– Donc, si je transpose ton cas au mien (quitte à pousser la connerie jusqu’à son paroxysme) comme je ne peux pas choisir, je ne choisis ni le string, ni la culotte et du coup, je ne vais pas du tout au boulot ou bien alors j’y vais nue … C’est bien çà, ta logique?

– Oui… Mais toi tu ne meurs pas.

– Mais… Je ne me fais pas virer dans les 2 cas ?

– Si. [air niais]

– Donc quelque part, je me suicide professionnellement un peu quand-même, non ?

– Haaan! [air de vainqueur]

Le con (me dis-je en moi-même).

Mais j’ai dû le penser si fort, que l’âne, soudain vexé, me fit remarquer que je ne devais guère être beaucoup mieux que lui, puisque j’étais moi-même en train de parler avec un âne…

– Ok, ok, je sais… J’ai besoin de vacances…

– C’était pas hier, après le boulot, ton pot de départ en vacances ?

– …

– Hi-hi !

– Attends… Tu veux dire que je suis en train de rêver que j’arrive pas à choisir entre un string et une culotte et que je demande son avis à un âne de Buridan ?

– Haaaaaaaan!

Tout me revient maintenant. L’after-work. Puis l’after-after-work. Et enfin l’after-after-after-work. Les bises appuyées et accolades chaleureusement alcoolisées avec les collègues, les « Bonnes vacances! », « A la rentrée! ». Mon lit. Le plafond. Cet atroce mal de crâne.

La conne.

Par défaut
Lol, Témoignages

Bordélique un jour, bordélique toujours: les 10 fausses bonnes idées à ne pas suivre

[Article paru le 19/07/12, sur le blog Bas geek instinct – Les Inrocks : http://blogs.lesinrocks.com/basgeekinstinct/2012/07/19/bordelique-un-jour-bordelique-toujours-les-10-fausses-bonnes-idees-a-ne-pas-suivre/]

« Bordéliques » : tel est le terme familier généralement utilisé pour désigner les personnes qui génèrent du bordel, ou encore fortement désordonnées. Les bordéliques se voient aussi parfois affublés du doux surnom d »écureuils » car, tout comme ces adorables petites bestioles le font avec les noisettes, les bordéliques accumulent quantité d’objets, sans pouvoir être capables de les retrouver ensuite.

Mais derrière cette appellation bon enfant, se cachent, en réalité, de vraies souffrances – exprimées ou non – tant du côté du bordélique que de ceux qui vivent à ses côtés. A quelques exceptions près en effet, la plupart des bordéliques avouent se sentir impuissants, honteux, voire même malheureux face à ce comportement qui les condamne à être « prisonniers » de leur propre désordre [Et puis, dans le cas contraire, je ne serais pas là à essayer d’écrire un billet sur les bordéliques, ni vous ici, occupés à le lire].

J’avoue que moi-même je ne m’étais jamais torturé l’esprit avec ce genre de problématique (apparemment anodine) d’intendance ménagère. Etais-je, moi aussi, à « ranger » (ahaha!, respect scrupuleux du champ lexical) dans la catégorie des bordéliques ? A vrai dire, je me fichais de cette question comme de ma première balayette et de mon premier plumeau à poussière. Mais çà c’était avant samedi dernier… Au cours de cette soirée somme toute très banale, j’ai ressenti pour la toute première fois les inquiétants prémices d’un début de questionnement intérieur. Explications (et hop, je change de paragraphe).

Des copines débarquent à l’improviste. La suite vous la connaissez : décision d’apéro dînatoire, 45 minutes pour trouver un décapsuleur, 53 autres pour mettre la main sur ce fichu accessoire de robot qui permet de mixer vite-fait (normalement) une tapenade maison. Je ne vous parle même pas des longues minutes perdues à jouer à des « chasses au trésor-portable » improvisées avec les copines (une qui compose le numéro du trésor, les autres qui cherchent d’où vient le son) pour tenter de retrouver ces satanés téléphones qui vont systématiquement se camoufler dans les coins les plus fouillis de l’appart. Fin de soirée bien arrosée, donc (c’est dingue ce que çà donne soif les « chasses au trésor-portable »), Elodie décide de rester dormir. Elle a raison, Elodie, c’est plus prudent… En entrant dans ma chambre,  elle lâche poliment un :

– « décidément, j’adore la déco… C’est quoi au sol, du parquet ou du carrelage ? »

–  « … »

– « T’as pas un vieux t-shirt à m’prêter pour la nuit ? »

– « Si »  (ai-je le temps de glisser en ouvrant la porte de ma penderie, soit juste un dixième de secondes avant de finir quasi-assommée et ensevelie sous une immense pile de pulls, culottes, chaussures, t-shirts et autres objets qui, d’après le regard consterné d’Elodie [et objectivement], n’ont rien à faire dans un placard à fringues…)

– « Oh, un sèche-cheveux ! » (ok, j’admets)

– « Oh, des magazines de l’année dernière !! » (bon, oui… j’admets aussi)

– « Oh, des plaquettes de chocolat-noisettes !!! »

– « Hi-hi… » (Un peu gêné tout de même le « hi-hi », parce que vous comprenez, c’est ma planque…). Bon sang, mais elle va arrêter de…

– « Oh, le joli petit canard !!!! »

– »… » (Cette fois-ci, gêne puissance 10, c’est aussi ma planque…).

A cet instant, ce fut le déclic.  Je me suis dit qu’il fallait que cela change. Vite. Très vite. Sinon je pouvais faire une croix sur ma vie sociale pour les dix prochaînes années à venir, sans parler d’une hypothétique vie de couple future.

Ce jour là, j’ai compris la nécessité éprouvée par le bordélique de lutter contre ses penchants, de contrecarrer, en quelque sorte, sa propre nature. Car toute la difficulté réside dans le fait qu’il n’y a pas de bordélique occasionnel ou provisoire, que des bordéliques chroniques. Plus qu’un (mauvais) penchant, le bordélisme est en fait un état, voire une seconde peau. « Chassez le bordel, il revient au galop » : il apparaît dès lors essentiel, de bien vite dédramatiser tout en restant lucide. Autrement dit savoir, face à notre mauvaise foi et aux fausses bonnes idées, raison garder.

Naturellement, vaincre sa mauvaise foi implique de cesser d’utiliser les arguments-type et autres prétextes à deux dachmes couramment utilisés par les bordéliques pour justifier leur propension au désordre. En voici une liste (non exhaustive), parmi leurs préférés :

– « Mon bordel à moi est organisé ». C’est un oxymore : il ne peut ontologiquement pas y avoir de bordel digne de ce nom, organisé.

– « J’ai pas l’temps de ranger ». Vu que çà prend à peine un quart de seconde pour jeter un truc à la poubelle ou de le ranger au fur et à mesure, cette phrase transpire la mauvaise foi.

–  »J’ai pas assez de meubles de rangement ». Le bordélique veut vous faire croire qu’une simple virée chez Ikea, mettra fin d’un coup de baguette magique, à des années d’errances bordéliques (argument d’autant moins recevable qu’en général, plus on a de rangements chez soi, plus on stocke et plus on « capitalise » le bordel).

– « J’ai une âme de collectionneur ». Alors là : mauvaise foi caractérisée! Autant on peut être crédible lorsqu’on collectionne des timbres, des statues ou des tableaux, autant des papiers, emballages, flacons de shampoing vides, beaucoup moins.

– « Je fais çà pour ne pas être cambriolé, en fait ». Oui, c’est énorme, mais certains bordéliques n’hésitent pas à arguer que les voleurs, découvrant un appartement déjà sans dessus-dessous, abdiquent et tournent les talons, pensant avoir été précédés par des collègues.

Après la chasse à la mauvaise foi, traquons à présent les fausses bonnes idées (FBI). Voici donc le top 10 (par ordre croissant de débilité) des FBI à ne pas suivre :

1- Vouloir assumer son bordel quand-même et décréter qu’on vit très bien avec. C’est en réalité une non solution, puisque cela revient à nier le fait qu’être bordélique gêne souvent votre rapport à autrui et constitue pour vous un vrai handicap social.

2- Tenter de trouver des solutions sur le net. S’il existe toutes sortes de forum, de thérapies collectives, de sites de coaching virtuel, sachez qu’il n’y a aucune solution valable sur le net. Pas la peine, donc, de s’inscrire aux Bordéliques Anonymes (site bidon qui vous explique en 2 tomes soumis à droits d’auteur, comment ranger, mais aussi et surtout comment se prendre 10 pages de pub en 2 clics).

3- Courir chez le premier psy venu, ce qui vous évitera de tomber sur quelque specimen de bas étage, pratiquant la psychologie version sauvage et bon marché.  Avec un amateurisme évident et une cupidité certaine, ce « sauveur d’âme » vous plombera le moral en insistant sur vos faibles chances de guérison spontanée, et en invoquant des raisons aussi obscures que contradictoires : immaturité, refus de grandir, impossibilité de se détacher de son passé et de se tourner vers l’avenir, peur de la mort, égocentrisme, mégalomanie, refus de faire de la place aux autres, etc…

4- Embaucher une femme de ménage. A priori, faire appel à une tierce personne, professionnelle et neutre, peut sembler une bonne idée. Mais c’est en réalité totalement illusoire. Personne ne peut trier vos affaires à votre place. Vous seul pouvez déterminer ce à quoi vous tenez ou pas, faute de quoi frustration et aigreurs viendront alimenter une situation conflictuelle, qui se soldera de toute façon par le renvoi de cette pauvre personne (pourtant embauchée avec conviction). [Par ailleurs, cette personne ayant été engagée pour faire le ménage, il faut, en toute logique, qu’elle puisse disposer d’espaces suffisamment « dégagés » pour pouvoir passer l’aspirateur et faire la poussière, ce qui, objectivement, chez un bordélique, n’est possible qu’en rêve…]

5- Se résigner au célibat pour n’imposer son bordel à personne d’autre qu’à soi-même. Noble décision, mais condamner sa vie sexuelle ou amoureuse pour de sombres histoires de bordel, c’est moche.

6- Renoncer à toute vie sociale, par honte de recevoir. C’est moche aussi.

7- Vivre avec un autre bordélique. FBI : on ne supporte pas aussi bien le bordel des autres que le sien, des tensions au sein du couple (pourtant homogène) seront donc à prévoir.

8- Vivre avec un maniaque. Certes, le psychorigide vous suivra à la trace et rangera partout où vous passerez, mais la rancoeur s’accumulera et l’ambiance dans votre foyer sera vite intenable.

9- Vivre avec une personne « normale » bordéliquement parlant, mais en se réservant une zone « privée » de bordel et en prenant soin de respecter les zones « neutres » communes. Mais ce qui paraît être un bon compromis, favorisant la cohabitation du bordélique avec le reste de la maison, n’est en fait qu’une solution provisoire, car la zone « privée » finira, hélas, toujours pas déborder et envahir géographiquement les zones « communes ».

10- Mettre le feu dans l’appart une fois tous les 5 ans et jachériser ensuite la surface habitable pendant quelques mois. Mais cette solution, de loin la plus radicale sur le court-terme, s’avère inefficace sur le plus long-terme, le bordel repoussant de plus belle.

En résumé : beaucoup de FBI, mais peu de vraies solutions. Un constat sans appel qui ne doit pas pour autant nous faire sombrer dans le fatalisme mais au contraire, nous inciter à plus de philosophie. En commençant par exemple, par convenir que nous ne sommes pas tous égaux devant le bordel (le seuil de tolérance variant en effet d’une personne à l’autre). Ainsi, de la même façon qu’il existe un « poids de forme » pour chacun, il existe aussi un « bordel de forme ». Tout bordélique qui réussira à déterminer ce fameux point d’équilibre (ou de rupture) et ensuite à s’y tenir, aura sans aucun doute franchi une étape importante, qui lui permettra peut-être un jour, de dompter le chaos qui règne dans son antre.

Par défaut