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Brevet des Collèges : Une formalité?

Ce matin – fait rarissime – j’étais réveillée bien avant la sonnerie de mon réveil.
Je l’avais pourtant programmé plus tôt que d’habitude. Courroie qui lâche inopinément, chute de météorites qui barrent la route, pluie diluvienne sur le pare-brise, empêchant de rouler à plus de 2km/ heure, opération « escargot » surprise… On n’est jamais trop prudent.

Je me lève  et ressens comme une légère oppression, à la limite de la nausée. J’ai une sorte de boule au ventre et un nœud dans la gorge… À moins que ce ne soit l’inverse. [ « Peut-être une angine ? Tap tap ta la la la… »]

Et puis soudain, me revient la raison de mon mini-émoi : Ce matin il y a « BEPC ».

Des semaines que mon ado de fils révise d’arrache-pied (Okay… 3 jours, en fait).

Des semaines qu’il se concentre sur l’ordi, faisant chauffer le disque dur plusieurs heures d’affilée, l’air concentré, casque aux oreilles.
« Legend of legend », « Battle Field », « Call of Duty »… Comprenez, en section européenne, tous ses cours doivent être traduits en anglais.

Des semaines qu’il se stresse démesurément, parce qu’avec le nouveau système de points acquis tout au long de l’année, on a beau retourner le calcul dans tous les sens – et à moins d’une crise de tétanie qui l’empêcherait de tenir son stylo – il est sûr de l’avoir.

Je me lève presto, toute pleine de mon rôle crucial de mère à l’écoute et rassurante (de mère-taxi, donc), à qui incombe l’énorme responsabilité logistique d’arriver à l’heure à ce fichu centre d’examen.

J’entre dans la chambre du valeureux candidat, m’attendant à le trouver au garde-à-vous. Le bien-heureux dort encore comme un loir. Le pauvre… J’impute naturellement ce lymphatisme aux effets de la « redescente » après le pic d’adrénaline, lui-même dû au stress post-révision.

Je m’approche doucement et lui souffle à l’oreille, d’une voix délicate et bienveillante :

«  Mon bébé, il y a « BEPC » ce matin. Ca va aller ? Tu vas tenir le choc? ».

Dans un premier temps, « Bébé » ne répond pas.
Oups j’avais oublié… Bébé fait la gueule. Hier soir, il y avait France-Equateur à 22h et Bébé a du s’asseoir sur la deuxième mi-temps.

Dans un second temps, « Bébé » m’indique, l’air mi-désabusé mi dogmatique, que çà fait depuis 1977 qu’on ne dit plus « BEPC » ( Brevet d’Etudes du Premier Cycle), mais DNB (Diplôme National du Brevet) ».

Enfin, quelques minutes plus tard, nous sommes prêts. C’est le moment d’y aller. On est hyper zen, mon fils et moi. (Enfin surtout moi). Je me contiens pour ne pas lui demander pour la douzième fois s’il a bien sa carte d’identité, sa convocation à l’exam, sa calculatrice, son compas, son rapporteur, ses kleenex, ses barres de céréales… et le numéro du Samu en cas d’urgence.

« Bon, on y va Maman ? Mais, j’y crois pas, tu pars où, là ? »

« Aux toilettes »

« Bah ça fait pas déjà 3 fois ? »

« … ».
[On ne peut se contenir sur tout, hein. Et puis oh, ça va, je vous vois venir : rien à voir avec le stress… juste l’omelette mexicaine d’hier soir qui ne passe pas]

Finalement, on est arrivés au centre d’examen complètement dans le timing et parfaitement détendus.
Comme quoi, faut vraiment qu’on arrête de nous pomper l’air avec ces histoires de Brevet des collèges. Tout le monde le sait : ce n’est qu’une formalité…

 

 

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