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Hangover (over and over again…).

Elle ouvre les yeux doucement. Ses paupières engourdies la renvoient douloureusement à la soirée d’hier. Cotonneuse, inodore, insipide. A l’instar de ces verres de mauvais mousseux qu’elle y avait engloutis, sans conviction, les uns après les autres, comme on avale des couleuvres. L’ennui profond et le mal-être que ces derniers étaient pourtant sensés adoucir, sinon noyer.

Elle grimace et songe alors, en massant ses tempes avec de petits mouvements circulaires, que son attitude est puérile. Elle qui, d’ordinaire, ne se complait guère dans l’esquive, sait combien user de ce stratagème facile peut s’avérer inopérant. Destructeur, même.

Elle mesure – ce matin un peu plus encore – à quel point ce maudit sentiment, poisseux et tenace comme la crasse, l’avait insidieusement imprégnée jusqu’aux os, la drapant d’un linceul de noirceur qui la tenait glacée chaque nuit et l’enserrait plus fort chaque matin.

Dans l’épais brouillard de son cerveau, elle distingue à présent le son, devenu familier, du cachet d’aspirine heurtant le fond de son verre vide. Un sourire cynique se dessine sur ses lèvres desséchées.

Le désarroi est un boomerang infaillible, se dit t’elle, qu’aucun élixir enjôleur ne peut leurrer ni détourner de sa cible. Non content de revenir inexorablement à la face de celui qui cherche à l’éloigner, il rapplique, rageusement, avec une puissance démultipliée.

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